Il y a entre l’homme et le cosmos une correspondance subtile. Cette correspondance ne peut être traitée à la légère. Ce n’est pas un jeu. Pourquoi certains astrologues se prêtent-ils si facilement à des effets d’annonces plus ou moins spectaculaires et à des pronostics sur des résultats électoraux (à quoi bon aller voter ) ? Ce genre d’exercice ridiculise notre discipline. Nous en avons fait la triste expérience il y a quelques années sur les plateaux de télévision (avec Marc Fogiel)  ou l’une de nos consoeurs s’est trouvée dans une position très inconfortable : elle avait eu la mauvaise idée de pronostiquer l’élection de Ségolène Royal aux présidentielles. Erreur fatale mais surtout inconscience professionnelle que le psychanalyste Gérard Miller s’est fait un plaisir de lui rappeler d’emblée. Comment s’en étonner ? Ces déclarations intempestives portent un préjudice évident à l’image de notre discipline. Elles relèvent d’un fatalisme primaire qui n’a rien à voir avec ce que peut faire l’astrologie en matière de prospective. La prévision astrologique procède d’une analyse systémique et elle oblige tout praticien à respecter les lois de la complexité : paramètres multiples, interactions, globalisme, etc …

Il est scandaleux de faire croire aujourd’hui au grand public que le résultat d’une élection est inscrit dans une carte du ciel . C’est une imposture ou une provocation. L’histoire n’est pas écrite d’avance. S’il en était ainsi, ça se saurait et l’astrologie serait une discipline autrement plus reconnue .

Faut-t-il distinguer prévision et prédiction ? La distinction est spécieuse. Souvent on se contente d’appréciations subjectives. La prédiction sous-entend une formulation évènementielle ou factuelle. Voici un exemple : vous aurez un accident de voiture le mois prochain.

La prévision évoque quelque chose de plus flou qui laisse la porte ouverte à des ambiguïtés et parfois aussi à des dérives fatalistes. Les questions posées à un astrologue peuvent ressembler à : « Mon fils va-t-il être reçu à son baccalauréat ? Vais-je trouver du travail cette année ? » Comment le professionnel peut-il répondre à ce genre d’interrogations ? Par oui ou non ? Sûrement pas. Un praticien sérieux et expérimenté ne peut, en aucun cas, laisser croire à son consultant que la réponse est inscrite dans le ciel. Rien ne l’autorise à pronostiquer un résultat ni même une probabilité.

Dans le cas du candidat au bac, l’astrologue doit se contenter d’évoquer les conditions dans lesquelles l’étudiant risque d’aborder l’examen. C’est tout à fait différent. Autrement dit, il s’agit d’un climat psychologique personnel (qui ne doit pas être confondu avec un résultat d’examen). Ainsi une ambiance Jupitérienne pourrait inciter à penser que le candidat a toutes les chances de se trouver dans un climat de confiance. En tous cas l’interprétation du transit sous cette forme serait tout à fait acceptable parce que d’ordre structurel et donc non évènementielle. 

Pour la question « Vais-je trouver du travail cette année ? » L’astrologue ne peut évoquer un risque d’échec sous prétexte que Saturne transite le milieu du ciel. Ce serait une sorte de prophétie auto réalisatrice*. Face à une telle interrogation, le praticien doit s’efforcer de susciter de la part du consultant une reformulation de sa question. Pour bien faire, il faudrait que cette reformulation aboutisse à quelque chose du genre : « Que puis-je faire pour trouver du travail cette année ? » Et dans ce cas l’astrologue pourrait inviter son client à faire preuve, de rigueur, de discernement, d’applications dans cette recherche d’emploi. 

Voici donc à travers ces deux exemples volontairement  simplistes ce qui distingue la prévision structurelle du fatalisme astrologique.  

En conclusion

1) « Les astres inclinent mais ne déterminent pas »

2) La prévision astrologique est d’ordre structurel. Elle repose sur l’hypothèse d’une correspondance entre une structure macrocosmique (le système solaire) et une microstructure (la psyché humaine). Rien n’autorise à donner forme précise (pronostic d’un événement) à cette organisation structurelle   

3) Toute prospective sérieuse doit s’inscrire dans une optique plurifactorielle (le facteur astrologique restant un conditionnement parmi tant d’autres). 

 

Une prophétie auto-réalisatrice (self-fulfilling prophecy) est un évènement qui devient vrai parce qu’une ou plusieurs personnes le croyaient vrai.Elle se produit lorsqu’une croyance a modifié des comportements de telle sorte que ce qui n’était qu’une croyance advient réellement.